La station Princess Elisabeth, un modèle unique en son genre

Publié le par libertus


La station Princess Elisabeth, un modèle unique en son genre

Le Prince Philippe visite la station polaire en compagnie de l'explorateur Alain Hubert.

La station polaire belge Princess Elisabeth, première station scientifique "zero emission", a été dévoilée jeudi dans la gare maritime de Tours & Taxis à Bruxelles, lors d'une conférence de presse.

Il s'agit de la première station de recherche antarctique à être conçue pour fonctionner exclusivement au moyen d'énergies renouvelables. Exposée au public du 6 au 9 septembre, elle sera ensuite démontée pour être transportée jusqu'à sa destination finale: le Nunatak Utsteinen, en Terre de la Reine Maud, en Antarctique. C'est là, à 190 km à l'intérieur des terres, que des scientifiques s'attelleront à étudier les causes des changements climatiques. "Cette station polaire 'zero emission' est la preuve matérielle qu'un futur est possible", a déclaré l'explorateur Alain Hubert, ingénieur à l'origine du projet. "Si nous pouvons atteindre de tels objectifs de 'zero emission' dans les conditions extrêmes de l'Antarctique, alors nous pouvons en faire autant ailleurs dans le monde", estime-t-il.

Co-fondateur de l'International Polar Foundation (une asbl de droit privé implantée à Bruxelles), Alain Hubert considère cette base polaire comme "un stimulant pour l'implantation technologique et les initiatives en matière de développement durable". D'autant que "l'Antarctique, dépositaire des archives climatiques mondiales, est un endroit unique au monde, où la recherche s'avère indispensable pour comprendre le climat global de la planète et répondre aux questions aiguës posées par le réchauffement climatique".

Première station belge à être construite en Antarctique depuis plus de 40 ans (la dernière, la base Roi Baudouin, y a fonctionné de 1958 à 1966), la station Princess Elisabeth sera officiellement inaugurée en février 2009, à la fin de l'Année polaire internationale. Une fois démontée (cette opération durera quatre semaines à partir du 10 septembre), elle sera conduite au port d'Anvers, où les éléments entreposés dans 80 containers (d'un poids total de 180 tonnes) seront chargés sur un cargo qui les débarquera en Antarctique, avant d'être acheminés par voie de terre jusqu'à Utsteinen, à 190 km à l'intérieur des terres. "C'est une logistique très difficile, même au XXIe siècle", précise Alain Hubert. "Et cela représente 50% du budget de construction".

Plus de 50 personnes participeront sur place à la construction de la base, en janvier et février 2008. Après plusieurs contrôles en Belgique, les systèmes fonctionnels de la base (traitement de l'eau, systèmes de surveillance et de ventilation) seront expédiés sur place et installés au cours de l'été austral suivant, en 2008-2009. La première expédition de recherche scientifique débutera avant que la station ne soit pleinement opérationnelle (en novembre 2008) et sera menée par Frank Pattyn, glaciologue à l'ULB. "Cette station offre de nombreuses opportunités en termes de recherche scientifique, que ce soit en microbiologie, en glaciologie ou encore en géomagnétisme", précise le scientifique. "Et comme elle sera construite sur un éperon rocheux (situé exactement à 71°52'' de latitude sud par 23°20'' de longitude est), on pourra très facilement la démonter après plusieurs années", ajoute-t-il.

Au total, le coût estimé du projet de la station Princess Elisabeth s'élève à 11,5 millions d'euros, tout compris. C'est l'asbl d'Alain Hubert (l'IPF) qui a élaboré, construit et financé le projet, avec l'aide d'entreprises privées, de donateurs et des pouvoirs publics. "C'est exceptionnel, en ce sens que la station est le fruit d'une entreprise conjointe entre les secteurs public et privé", souligne Alain Hubert. En 2008 et 2009, le gouvernement fédéral belge allouera également 500.000 euros supplémentaires par an à la recherche et un million supplémentaire par an pour les frais de maintenance et de fonctionnement. Un autre million d'euros est prévu pour les frais d'équipement lors de la construction de la station, en 2008. "Mais il nous manque encore 3 millions d'euros pour mener le projet à terme, et c'est pourquoi nous lançons une souscription publique", déclare Alain Hubert.


La commune d'Auderghem vient ainsi de verser 1.000 euros à l'IPF, et "invite les 589 autres communes de Belgique à emboîter le pas", selon un communiqué. Le grand public est invité à découvrir la station à Tours & Taxis du 6 au 9 septembre, entre 10h et 18h. Les recettes des tickets d'entrée (5 euros) et du merchandising serviront au financement du projet, pour que chacun participe à l'écriture de "cette nouvelle page de l'Histoire de la Belgique", dixit Alain Hubert. Infos: www.antarcticstation.org et www.polarfoundation.org (belga)

Publié dans environnement

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Olivier 06/09/2007 02:46

Et quand le dernier cuiseur solaire rendra l'âme , on fait quoi ?

libertus 06/09/2007 02:08

C'est interessant à tous les niveaux

-c'est un défi humain
-au niveau architectural
-au niveau pollution (zero émission)
Si on peut le réussir là , on doit pouvoir réussir ici.
-on niveau climatique(on analyse les carottes glaciaires pour déterminer les changements climatiques et les changements athmosphriques
-au niveau biologique (quels sont les espèces, les champignons, lichens, bactéries qui vivent là-bas)
-etc


je te remercie pour tes commentaires et tes textes sur ton site

Lib

nadia-vraie 05/09/2007 22:35

C'est un article intéressant.
Beaucoup de scientifiques vont en Antartique.
Est-ce vraiment une bonne chose?
Je n'en connais pas assez pour le commenter.